Juliette Jouannais - Sans titre, 2005 relief gouache sur papier découpé 80 x 110 x 8 cm

Kennet Alfred
Kenneth
Juliette Jouannais
Ange
Gouache
Mary
Guillaume
Guillaume Mary
Thommen.jpg
Vert

 

« Entrelacs » un choix de Philippe Cyroulnik

Quatre artistes qui entrecroisent leurs pratiques. S’il nous fallait les spécifier certains comme Guillaume Mary ou Juliette Jouannais ne récusent pas une présence du réel. Jouannais propose une vision de ses paysages et de sa flore mais dans le flouté et le précaire du scintillement, dans ce mouvement de la couleur et des ondulations de la découpe qui ébranlent le visible. Mary restitue du réel son ombre. Il en garde un «dépôt» débarrassé de la couleur locale quand, soumis à ce que nous pourrions nommer une radiographie picturale, il n’en reste qu’une épure. Le camaïeu fait advenir et se déplier sous la marque du pinceau un réel spectral. Quatre artistes qui entrecroisent leurs pratiques. S’il nous fallait les spécifier certains comme Guillaume Mary ou Juliette Jouannais ne récusent pas une présence du réel. Jouannais propose une vision de ses paysages et de sa flore mais dans le flouté et le précaire du scintillement, dans ce mouvement de la couleur et des ondulations de la découpe qui ébranlent le visible. Mary restitue du réel son ombre. Il en garde un «dépôt» débarrassé de la couleur locale quand, soumis à ce que nous pourrions nommer une radiographie picturale, il n’en reste qu’une épure. Le camaïeu fait advenir et se déplier sous la marque du pinceau un réel spectral. Le réel Kenneth Alfred en porte les échos dans ses espaces associant le trait et la ligne, la charpente et le linéament. Ici on ne sait plus trop qui du trait et de la couleur est la note ou la portée. Ses œuvres sont un éloge des limbes comme point cardinal où la peinture se détache du réel pour découvrir son propre champ. Jean-Marc Thommen pratique l’improvisation dans des cadres qu’il définit ou auxquels il se confronte. Cela implique une longue réflexion antérieure à sa pratique, un système de notation ou s’accumule une somme de gestes de rythmes, de mouvements et de brisures. Le trait et la ligne ici sont les sismographes des rythmes et des arabesques d’un corps. La couleur est ici réduite à l’essentiel d’une couleur dessinant. Le fond lui même est peint comme pour circonscrire un territoire, un sorte de dojo. Le mur un hors champs. Le tableau ou le papier demandent la concentration de l’énergie dans le travail à main tendue, le mur lui implique une main portée par le corps et son mouvement d’écriture dans l’espace. Ce qui les lie et fait s’entrecroise leurs œuvres respective c’est le tremblé assumé du trait. Comme une pensée qui associe la couleur au dessin en un mouvement qui indéfinit les formes. C’est une vision interstitielle qui fait bruisser un mouvement dont les arabesques engendre la peinture, et en écho de ces œuvres, on se souviendra de Matisse et de Brice Marden, de Georgia O’Keeffe et Robert Ryman. On pourrait écouter dans sa tête Charles Ives ou Debussy,Terry Riley ou Ornette Coleman. 

Philippe Cyroulnik

Artistes :

Kenneth Alfred, Juliette Jouannais, Guillaume Mary, Jean-Marc Thommen

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25 rue de Penthièvre 75008 Paris
du mardi au samedi de 11h à 19h