« Oeuvres Récentes »

« Oeuvres Récentes »

« Oeuvres Récentes »

La pratique picturale est initiatique. Pour Daniel Mohen, tout commence par une rencontre, celle d’un lieu, d’un thème dont il entreprend l’introspection visuelle jusqu’à son épuisement. Il en débusque les richesses secrètes en renouvelant son expérience au monde qui vaut comme une méthode depuis plusieurs décennies...Le travail sériel sur lequel repose l’enjeu plastique de Daniel Mohen explique la multiplication des notes, des croquis in situ, des relevés émotionnels qui sont autant d’interrogations plastiques liées aux problèmes de construction, de couleur et d’espace. Il décrypte une réalité, ce qu’Hölderlin appelle ce "quelque chose de connaissable par l’intermédiaire (moyen) de sa manifestation dont l’artiste s’empare par le dessin, les frottis et les taches". Il devient alors urgent de déchiffrer les lignes du sujet dont la simplicité expressive permet de dégager son identité abstraite qui est universelle.
Le geste porte le dessin qui nous en offre l’essence. Ne faudrait-il pas parler plutôt d’une geste, dont la signifiance immanente dispense le signe et le signifié, à la fois épure, schème et dynamique?
Préparée par le dessin, la peinture en garde l'élan dans la façon dont le pinceau attaque le sup- port. Elle reste du côté de l’affleurement. Du terril aux carrières, du silex aux galets, aux coquelicots, le geste jugule, puis morcelle et recompose. Ainsi Daniel Mohen écrit-il l’histoire de la nature. Le moindre appel visuel déclenche la forme qui provoque à son tour l’acte de dessiner, la nécessité de prendre la trace. La forme raconte ses origines, son parcours, et force est de constater que c’est elle qui s’impose au peintre dont le regard se fortifie de fixité.
Les choses les plus simples posent avec la même évidence la question de la représentation. Par l’affirmation d’un tracé libre et autonome, la peinture de Daniel Mohen réinvente une écriture dans l’espace peint de la toile. La prégnance du dessin participe de l’architecture des formes tandis que les couleurs sont aussi fragiles que transparentes, aussi opaques que lumineuses. Entre la réalité et sa transposition, le chemin parcouru scelle un rapport indéfectible avec la nature. La peinture est au carrefour. Elle est présence au monde ». 

Extraits du texte de Lydia Harambourg, critique d’art, historienne et écrivain, correspondante à l'Académie des Beaux-Arts de Paris
Publié dans le catalogue du C.A.P. de Royan, Paris 

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